
En ce début d’année, nombreux sont celles et ceux qui s’interrogent sur ce qui nous rassemble encore et s’inquiètent de la dé-cohésion de notre pays. Les tensions qui traversent notre société, le sentiment d’éloignement des décisions publiques et les inégalités persistantes fragilisent le lien de confiance et l’envie de faire collectif. Ces préoccupations, nous les partageons pleinement au sein de la COFAC. Il est urgent de sortir de l’illusion et de croire que l’on pourrait faire Nation sans faire société !
Chaque jour pourtant, sur l’ensemble du territoire, des femmes et des hommes continuent de faire vivre ce qui nous unit. Dans une salle des fêtes, une maison de quartier, une médiathèque ou un atelier associatif, ils créent des espaces où l’on se rencontre, où l’on exerce un art, où l’on restaure le patrimoine, où l’on transmet, où l’on apprend ensemble. Une chorale amateur qui réunit des habitants d’âges et d’horizons différents, un atelier théâtre mené avec des jeunes et des seniors, un projet d’écriture ou de pratiques musicales partagé au sein d’un quartier ou d’un village, la fréquentation des artistes et des œuvres : ces expériences modestes en apparence sont de puissants moteurs de cohésion.
Les pratiques artistiques et culturelles en commun, chanter, jouer, créer, écrire, danser, transmettre, permettent de continuer à écrire une histoire commune. Comment savoir où l’on veut aller ensemble si l’on ignore d’où l’on vient ? Comment parler une langue commune ? Elles offrent un cadre où chacun trouve sa place, où la parole circule, où l’on apprend à écouter et à coopérer. Elles dépassent les différences sociales, culturelles ou générationnelles pour construire un sentiment d’appartenance fondé sur l’échange et le respect.
Ces pratiques partagées ne sont pas de simples loisirs. Elles sont des lieux d’apprentissage de la citoyenneté, de la liberté d’expression et de la responsabilité collective, de la fraternité. Elles donnent à chacune et chacun la possibilité d’être à la fois créateur et acteur de la vie démocratique, contribuant ainsi à une société plus juste et plus apaisée. Elles sont aussi l’histoire et l’avenir écrit en commun d’un territoire par l’expérience de moments d’émotion artistique partagés.
Ces engagements ne relèvent pas de l’évidence. Ils demandent du temps, de l’énergie, de la conviction et beaucoup de temps bénévole. Ils méritent une reconnaissance politique claire et des moyens à la hauteur de leur utilité sociale et démocratique. Soutenir les associations culturelles, c’est faire le choix de la cohésion, de la confiance et de l’avenir.
En 2026, nous aurons plus que jamais besoin de nous appuyer sur ces forces vives formidables. La COFAC restera mobilisée aux côtés de ses membres et des associations culturelles pour défendre l’autonomie associative, le respect du droit de chacune et chacun à participer à sa propre culture et une ambition forte pour les politiques publiques de la culture et de l’éducation populaire.
L’ensemble des membres du Conseil d’administration et l’équipe salariée se joignent à moi pour adresser à toutes celles et ceux qui s’engagent, souvent dans l’ombre, nos vœux les plus sincères pour cette nouvelle année. Puissions-nous continuer à agir ensemble, avec détermination et solidarité, pour faire de la culture un lieu de rencontre, de sens et d’avenir commun.
Marie-Claire MARTEL,
présidente de la COFAC
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